BoardTales – La Nuit de la Zélatrice – Chapitre 1 Partie 1/2

Ohayo !

Nouveau concept par ici, ça vous tente, du Let’s Play Narratif ? Un concept à la mode actuellement, quelques fois repris dans le J2S, alors autant essayer ! Sur ces articles, vous vivrez l’aventure comme si vous lisiez un roman, sans aucune allusion au gameplay ni rien. Et quel meilleur jeu pour démarrer cette rubrique que le récent Horreur à Arkham JCE ? Le jeu de cartes évolutif de FFG fait vivre une vraie aventure aux joueurs en lui proposant des scenarii avec divers embranchements, et surtout met en place une vraie ambiance avec un background extrêmement complet. Allez, let’s go pour une série BoardTales !

boardtales-la-nuit-de-la-zelatrice-chapitre-1


Disclaimer :

  • Spoilers : Les scenarii d’Horreur à Arkham JCE sont de vraies histoires, et à ce titre, je vais donc révéler certaines intrigues (pas toutes étant donné que le jeu propose plusieurs embranchements).
  • Afin de vivre cette aventure tranquillement, j’ai choisi de jouer en mode « Facile » (ce qui n’empêche pas les epic fail, bien évidemment).
  • Afin d’éviter de faire des articles trop longs et lourds à lire, j’ai décidé de découper chaque rencontre en 2 parties.

 

« Hum, je crois que je me suis un peu assoupie. »

Jenny venait d’ouvrir les yeux. Cela faisait déjà plusieurs heures qu’elle était enfermée dans son étude.

Depuis son retour aux Etats-Unis il y a un an, Jenny passait énormément de temps dans ce bureau étroit. Avant, elle menait la grande vie en Europe : Paris, Milan, Londres, Moscou… Elle faisait partie de la haute société, et pouvait se permettre toutes les folies. Mais cette vie-là, elle était derrière elle maintenant. Elle était rentrée aux Etats-Unis suite à une lettre très étrange de sa sœur, Isabelle. Celle-ci, de quelques années sa cadette, avait une fâcheuse tendance à se retrouver dans des histoires plus ou moins graves, mais cette fois, c’était différent. Depuis deux ans, elle s’était entichée d’un type étrange, Jason. Jenny ne saurait dire ce que c’était, mais elle s’était sentie immédiatement mal à l’aise lorsqu’elle le rencontra pour la première fois. Jason était renfermé, parlait peu, et semblait constamment préoccupé par quelque chose. Elle avait bien essayé de se renseigner sur lui, mais elle n’avait rien trouvé, et Isabelle semblait tellement amoureuse…

Isabelle parlait souvent de sa vie avec Jason dans ses lettres, et clamait son bonheur. Mais sa dernière lettre tranchait radicalement avec les précédentes. Dans celle-ci, on découvrait une Isabelle paniquée et terrorisée. Elle tenait des propos incohérents, disait que Jason était devenu fou, parlait de forces occultes, de rituels, et de monstres. Et surtout, elle se sentait en grand danger. C’était la première fois que Jenny sentait sa sœur effrayée à ce point. Après un mois sans nouvelle lettre, Jenny décida de rentrer à Arkham.

Mais à peine arrivée, elle eût la désagréable surprise d’apprendre que sa sœur avait disparu depuis quelques semaines. Elle se mit alors à sa recherche, suivant toutes les pistes possibles, et plus particulièrement celles où il était question de phénomènes paranormaux. Jusqu’ici sans succès.

Toutes ses recherches ont fait de Jenny une excellente détective, douée pour dénicher des pistes là où personne ne savait quoi chercher. Elle excellait dans l’art d’obtenir des informations par tous les moyens, sachant user de ses charmes, voire même du chantage si cela était nécessaire. Et il y a quelques jours, une nouvelle piste venait d’apparaître, ici-même, à Arkham. Les gens semblaient devenir plus agressifs et violents, avec des gens qui se battent en pleine rue pour des motifs futiles… Arkham est une ville étrange, mais tout de même ! Et puis, il y avait aussi cette histoire de corps atrocement mutilés retrouvés par James Hankerson dans sa grange. Tout cela n’était pas normal pour Jenny, et cela pouvait potentiellement la mener vers Isabelle.

« Je crois que j’ai besoin d’un caf… »

Elle n’eût pas le temps de finir sa phrase qu’elle entendit un bruit provenant du salon, en bas. Ou plutôt… un chant, comme une incantation, mais dont elle ne comprenait aucun mot. Elle entendit ensuite des raclements venant d’en bas, comme si… quelque chose creusait. Alors qu’elle se trouvait au 1er étage ! Jenny se leva précipitamment pour aller voir ce qui se tramait au rez-de-chaussée, mais lorsqu’elle se retourna, elle eût un choc : la porte avait disparu. Ce n’était pas la première fois qu’elle était témoin d’un phénomène paranormal, mais cela faisait toujours son effet.

Elle reprit rapidement ses esprits, et ouvrit le premier tiroir de son bureau. C’était là qu’elle rangeait son Derringer, son « arme de service » comme elle aimait l’appeler. Elle vérifia rapidement qu’il était chargé, puis commença à fouiller l’étude. Jenny remarqua rapidement que le tapis était déchiré sur un de ses coins, et qu’il était couvert de boue, alors qu’elle l’avait acheté dans la semaine. Elle le retourna et trouva une… porte, là, sur le sol ! Elle tourna lentement la poignée, et vit en contrebas le vestibule du rez-de-chaussée.

Après avoir vérifié que la voie était libre, Jenny se glissa dans l’embrasure de la porte et se laissa tomber. L’atterrissage fut plus doux que prévu, car à la place du parquet, il y avait de la terre au sol. Elle se redressa aussitôt, sortit son arme, et la braqua devant elle. Mais le danger vint du dessous. Deux mains difformes sortirent de terre, et tentèrent d’agripper les chevilles de Jenny. Après toutes ses enquêtes, Jenny avait acquis d’excellents réflexes, et cela lui permit d’éviter d’être prise au piège, mais l’une des deux griffes lui entaillage nettement la jambe, avant de disparaître.

« Bon sang, mais qu’est-ce que c’était ?! Ça va, la blessure n’est pas profonde… D’où vient cette odeur ? On dirait qu’il y a un cadavre qui pourrit depuis des semaines… »

Elle remarqua immédiatement l’étrange halo qui bloquait l’accès au salon. S’approchant prudemment, elle tendit la main. Une intense chaleur lui fit retirer son bras. Il était impossible de passer cette barrière, à moins d’être prêt à se brûler au 3e degré sur l’intégralité du corps, mais elle sentait qu’elle devait aller au salon. Elle décida alors d’aller voir à la cave si quelque chose ne pouvait pas l’aider. Elle se dirigea vers la porte menant au sous-sol. Jenny eut alors une sensation étrange. Plus elle se rapprochait de la porte, et plus elle avait… froid. Un froid mordant, qui s’insinuait partout. En plein été.

Le pistolet toujours braqué devant elle, elle tourna la poignée et poussa le battant. Un vent glacial souffla depuis le bas des escaliers. Il était impossible de voir le bas des escaliers dans cette pénombre. Jenny tâtonna pour trouver l’interrupteur, mais aucune lumière ne vint. Non pas que l’électricité était coupée, non. L’interrupteur n’était simplement plus là.

Dans un noir quasi total, l’enquêtrice entreprit de descendre les marches prudemment. Arrivée à mi-chemin, elle perdit l’équilibre à cause de la couche de glace qui recouvrait les planches de bois. Elle dévala le reste de l’escalier et atterrit lourdement sur un sol dur comme la pierre. D’ailleurs, c’était véritablement de la pierre, au lieu du bois habituel. Jenny se releva rapidement malgré la douleur qui la lançait dans le dos. Une fois sur ses pieds, elle essaya de voir quelque chose, mais c’était peine perdue. Les ténèbres étaient trop profondes pour distinguer quoi que ce soit.

« Impossible de trouver quelque chose ici sans lumière. Et évidemment, j’ai laissé ma lampe dans le grenier hier soir. »

Elle fit demi-tour, et remonta les escaliers, en faisant bien attention à ne pas glisser cette fois. Lorsqu’elle mit le pied sur le palier, un cri perçant déchira le silence. Ce hurlement était aigu, inhumain, et surtout, il provenait de la cave, là où elle se trouvait il y a quelques instants. Décontenancée, elle ferma rapidement la porte, et la bloqua avec la petite commode qui se trouvait à côté, en espérant que ce qui venait de hurler n’allait pas venir à la surface.

La jeune femme prit la direction de la porte menant au grenier. L’odeur de décomposition était omniprésente, ce qui lui provoquait des hauts-le-cœur. Elle se boucha le nez tant bien que mal, et ouvrit la porte. Derrière se trouvait un escalier en colimaçon, éclairé cette fois, qui montait jusqu’aux combles. La fragrance nauséabonde s’était amplifiée à l’ouverture, et elle devenait réellement insupportable.

Insupportable, c’est aussi ce que pensa Jenny lorsqu’elle vit son grenier, et lorsqu’elle découvrit enfin d’où venait cette atroce senteur de cadavre. En plein milieu de la pièce trônait un tonneau, objet qui ne lui avait jamais appartenu. Et au-dessus de la barrique était pendue une carcasse écorchée et éviscérée, de laquelle un mince filet de sang coulait encore. Et le pire dans cette scène était que Jenny n’arrivait pas à identifier quel animal avait été dépecé dans son grenier…

Sans pouvoir détacher son regard de la dépouille, elle récupéra rapidement la lampe-torche sur une étagère. Presque au même moment, elle sentit la monter trembler. Les murs bougeaient, et changeaient. De murs faits de planches de bois, ils devenaient des parois faites de roches, comme dans une grotte. La mélopée provenant du salon qu’elle entendait depuis être sortie de son étude s’était intensifiée, les mots étaient scandés plus vite et plus fort. Jenny sentait que plus elle laissait cette incantation se faire, et plus elle était en danger.

Maintenant en possession de la fameuse lampe, il devenait urgent d’aller inspecter la cave et pouvoir enfin briser cette barrière incandescente. Tandis qu’elle redescendait jusqu’au vestibule, elle vit à ses pieds des volutes de fumée bleue qui venaient du salon. Dans de précédentes enquêtes, elle avait parfois entendu parler de ce type de fumerolles, et ce n’était jamais bon signe. Il était toujours question de secte qui essayait d’invoquer des créatures innommables.

Elle déplaça la commode, voyant avec soulagement que rien n’avait bougé, puis descendit les marches sans encombres cette fois-ci. Elle alluma la lampe pour commencer l’exploration, son Derringer toujours pointé devant elle, à la manière d’un policier. Un grognement s’éleva à sa droite. Fébrilement, elle se tourna, éclaira la source du bruit. Un monstre hideux, en partie décomposé, avec de longues griffes, rappelant celles qui étaient sorties du sol un peu plus tôt. Et ce type de monstre, Jenny savait ce que c’était…

A suivre !


À propos de

Boardgamer, amoureux des jeux de cartes, sleeveur invétéré et améritrasheur à ses heures perdues, je suis très pour l'éclectisme dans le monde du jeu.

Laisser un commentaire