Test – Apocalypse au Zoo de Carson City

Ohayo !

Alerte à Carson City ! Les militaires ont encore fait n’importe quoi, et ils ont paumé dans le lac une substance bizarre qui mutifie tout ce qui vit. Le dernier endroit encore sûr dans la ville, c’est le zoo, les animaux n’ont pas encore été touchés mais ça ne saurait tarder. Chargez vos armes, car il y a une…

 

Qu’est-ce que c’est ?

« État du Nevada, à quelques jours d’Halloween. Les frères Blackwood, recherchés pour une série de braquages, croisent au cours de leur cavale, le terrible shérif B. Justice et son adjoint. Dans le même temps, à l’autre bout de l’État, dans un des labos de la fameuse zone 51, le général Matthews découvre avec horreur les abominables résultats des expériences top-secrètes menées par le docteur Phobic… Bientôt, l’enfer s’ouvrira et Carson City en sera la porte ! »

Voilà le pitch ultra-accrocheur de la BD Apocalypse à Carson City de Guillaume Griffon, univers dans lequel se déroule notre jeu. Avec une graphisme très particulier (voire clivant) en N&B, cette série s’est imposée comme un classique de la BD francophone, où on sent l’inspiration des films de série B et des films d’horreur, le tout saupoudré d’humour. J’avoue que je ne connaissais pas la BD avant de découvrir le jeu, mais maintenant, je n’ai qu’une envie, c’est de me procurer tous les tomes !

Le jeu est donc sorti de l’imagination d’Alexandre Droit (Dawak, Gloobz…) et Florent Toscano (Monsieur Opla), où chaque joueur va devoir gérer une équipe de choc devant aller sauver les animaux du Zoo de Carson City tout en dézinguant du zombie, en évitant les gros mutants vilains et surtout… en faisant gaffe aux autres équipes !

Petit aparté sur les jeux Opla : pour ceux ne connaissant pas, c’est une maison d’édition créée par Florent Toscano en 2011 afin de publier ses premiers jeux, mais aussi par la suite en développant une gamme BD/Films, avec les jeux Lincol, La Glace et le Ciel, ou encore Le Bois de Coadsous (retournement de cerveau garanti avec celui-là !). Là où les Jeux Opla forcent le respect, c’est par l’engagement éthique pris par Florent Toscano, qui produit tous ses jeux en France et avec une production éco-responsable, quitte à rogner sa marge ou à refuser de gros contrats. Par exemple, pour AAZCC, les cartes ont été imprimées en Alsace, les livrets dans le Rhône, et la boîte en Isère, tout comme l’assemblage de la boîte. Je vous encourage vivement à lire l’interview sur Tric Trac et à regarder l’excellente vidéo retraçant la production du jeu L’Empereur pour vous rendre compte du travail. Et pour tout cela, BRAVO MONSIEUR TOSCANO !

 

A quoi ça ressemble ?

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Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Comme dit précédemment, l’objectif de chaque joueur va être d’envoyer ses persos dans le Zoo de Carson City afin de sauver les animaux tout en défouraillant du zombie, mais aussi (et surtout) en essayant d’annihiler les équipes adverses, tout ça afin de récupérer un maximum de points.

Chaque équipe est composée de 4 personnages connus des fans de la série, avec chacun une « force » différente (3, 4, 5 et 6). Cette force n’a aucune importance quand on combats des zombies, mais elle en aura quand on combattra des vivants, j’y reviendrai en temps voulu. Les équipiers encore vivants à la fin de la partie rapporteront également des points.

Parmi les cartes Zoo, il y a donc plusieurs types de cartes avec une valeur numérique allant de 0 à 4, cette valeur étant naturellement le nombre de points que la carte rapportera. Graphiquement, c’est bien pensé car les cartes 0 ne présentent aucun personnage, les cartes 1 présentent un zombie, les 2, 2 zombies, les 3 (oui oui je continue) 3 zombies, et les 4 les animaux, l’objectif principal de votre mission. Sauf que ces cartes ne sont pas sans danger. Exceptées pour les cartes Animaux, un mutant peut se cacher au dos des cartes, et s’il est révélé, alors le personnage est mordu et se transforme en zombie à son tour. Et bien évidemment, il devient une proie de choix pour tout le monde (vous compris) car il vaut plus de points que les autres zombies ! Pour chaque niveau, il y a 10 cartes Zoo, et 1 carte mutant par niveau, donc une fois que la carte Mutant 0 est révélée, alors on sait que les autres 0 sont « safe ».

La mise en place est très rapide : on a donc un paquet de 50 cartes Zoo que l’on va disposer sur un carré de 5×5. On va donc avoir 25 tas de 2 cartes.

Maintenant que vous savez tout cela, il est temps d’entrer dans ce foutu zoo !

À son tour, le joueur aura le choix entre deux actions :

  • Faire entrer un de ses personnages dans le Zoo
  • Déplacer un de ses personnages

 

Pour faire entrer un de ses personnages, il le dépose sur n’importe quelle carte Zoo (et pas un perso transformé en zombie), et récupère cette carte, en vérifiant bien qu’un mutant ne se cache pas dessous. Si ce n’est pas le cas, alors pas de soucis ! Si c’est le cas, par contre, il récupère quand même la carte, mais retourne son perso qui devient un zombie : il ne peut plus le contrôler, mais le tuer rapporte des points.

Pour le déplacement, le joueur choisit un personnage déjà dans le zoo et peut le déplacer d’une case orthogonalement (haut/bas/gauche/droite, diagonales interdites). Il récupère alors la carte Zoo et vérifie si son perso s’en sort ou non.

Dans le cas où deux persos ennemis se retrouvent côte à côte et qu’un des joueurs veut tuer l’autre, il faut que sa force soit supérieure ou égale à celle du personnage adverse, auquel cas il récupère la carte comme si c’était une carte Zoo classique. C’est notamment ici que le jeu prend sa dimension stratégique, car se déplacer devient risqué à chaque tour, on ne veut pas devenir une cible et perdre un perso car chaque personnage vivant en fin de partie rapporte des points. Du coup, on n’a pas vraiment envie de donner ces points à l’adversaire. Un mind-game se met en place, pour notre plus grand plaisir !

Au fur et à mesure de la partie, la topographie du zoo va changer, et on aura des « cases vides » qui du coup bloqueront certains déplacements car il est interdit de se déplacer vers une de celles-ci. Et il ne sera pas rare de voir son perso bloqué, mais comme on dit, « au moins là, il est peinard ».

La partie se termine lorsqu’un joueur ne peut plus jouer de personnage, soit parce qu’il n’en a plus, soit parce qu’ils sont tous bloqués. On récupère alors nos rescapés, et on compte les points, le vainqueur étant celui qui en a le plus (#NoShitSherlock).

 

L’avis de Maku

Petit par la taille, mais grand par le kiff ! Apocalypse au Zoo de Carson City, c’est LE jeu que je n’avais pas vu venir pendant le festival OctoGônes. Le design m’attirait mais j’avais, et j’en ai honte, un a priori dû à la taille de la boîte. Poussé par Clément de Catch Up Games, je suis allé le tester et là, une grande claque dans la tronche ! C’est simple, rapide à jouer, on enchaîne les parties, mais ça reste prise de tête, du grand art !

On a là un jeu de placement et de stratégie où on réfléchit à chaque coup pour éviter de se retrouver bloqué et de perdre son meilleur perso, ce qui ferait un différentiel de 12 points (et quand on sait qu’en général, on tourne entre 50 et 70 points pour la victoire, ça fait du 20% !), on stresse de voir notre héros mordu à chaque retournement de carte, un peu comme dans les vieux Resident Evil où chaque grincement de porte nous mettait mal à l’aise.

Que dire les illustrations à part qu’elles sont magnifiques. Le travail de Guillaume Griffon mérite d’être mis en avant, et honnêtement, je veux plus de jeux avec son trait de crayon ! C’est déjanté, c’est classe, c’est crade, bref, j’aime !

Bref, tout simplement : un jeu pareil à si petit prix, avec une DA tellement classe, je ne sais même pas pourquoi vous n’avez pas encore acheté votre boîte. Allez, hop, hop !

 

L’avis de Bayou Juju

Avis simple pour jeu simple : Petit par le prix, mais grand par le trip ! Apocalypse au Zoo de Carson City est une tuerie.

Les règles se maîtrisent en 5 minutes et les parties durent 10 à 15 min, temps suffisant pour perdre ses amis tout en rigolant… Le jeu est facile d’accès mais se révèle assez retord et demande, mine de rien, de la réflexion, surtout à 4 où le jeu du chat et de la souris peut très vite couper court. Gros plus, la boîte est toute petite ce qui permet de facilement la transporter avec vous.

Il faut aimer le style graphique de Guillaume Griffon mais la DA ne laisse pas de marbre. C’est en noir et blanc, c’est anxiogène, c’est crado, bref ça colle parfaitement au style.

A 12€ on a un rapport prix/fun exceptionnel. Il serait criminel de ne pas le prendre !

 

 

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Quelques infos

  • Auteur : Alexandre Droit et Florent Toscano
  • Illustrateur : Guillaume Griffon
  • Graphiste : David Boniffacy
  • Éditeur : Jeux Opla
  • 2 à 4 joueurs
  • 15 min
  • Prix : 12€
  • Ça vous donne envie de l’acheter ? Cliquez ici !
  • Pour protéger vos cartes, je conseille les Arcane Tinmen format Medium.

À propos de

Boardgamer, amoureux des jeux de cartes, sleeveur invétéré et améritrasheur à ses heures perdues, je suis très pour l'éclectisme dans le monde du jeu.

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