Test – Fliip Football

Ohayo !

Je vous entends d’ici : Allez, il va encore nous parler d’un jeu de sport, bla bla bla. Oui. Et en plus, un sport pas spécialement connu/aimé/compris en Europe, le Football Américain. Depuis la lecture du manga Eyeshield 21, qui m’a fait ENFIN comprendre les règles et les tactiques, j’adore ce sport, et suit régulièrement la NFL (#NewEnglandPatriots et #NewOrleansSaints). C’est un sport que je compare régulièrement à une véritable partie d’échecs entre les deux coachs (les rois) et dont les quarterbacks sont les pièces maîtresses (les reines). Bon, c’est un peu grossier comme comparaison, mais la profondeur tactique de ce sport est réellement énorme, et c’est pourquoi j’adore regarder les matchs malgré leur durée. Du coup, quand j’ai entendu parler de ce petit jeu auto-édité, j’ai tout de suite été intrigué. Allez, même si vous êtes fans des Seahawks, on peut parler de…

 

Qu’est-ce que c’est ?

Fliip Football, c’est un jeu de cartes stratégique pour 2 joueurs (et uniquement 2 joueurs), où chacun va se mettre dans la peau d’un head coach et tenter d’amener son équipe à la victoire. Et pour ce faire, il aura à sa disposition l’équivalent d’un playbook, un « carnet de tactiques » représentées sous forme de cartes.

Pour les néophytes, le football américain semble être un jeu violent, mais il est surtout un jeu stratégique, une guerre des nerfs et de bluff où les équipes vont tenter d’utiliser, à chaque phase de jeu, une tactique pour déborder l’adversaire ou au contraire le bloquer. On peut y retrouver des tactiques telles que le « blitz » (tactique défensive consistant à charger ultra rapidement le quarterback), le « shotgun » (tactique offensive où plusieurs receveurs vont « éclater » leurs courses pour proposer plusieurs alternatives au QB), et la légendaire « Hail Mary », la tactique de la dernière chance, où tous les receveurs foncent tout droit vers l’en-but adversaire pour recevoir une passe ultra-longue distance (record de 79 yards, soit 72 mètres !).

Du coup, dans Fliip Football, vous allez devoir bluffer votre adversaire, le faire penser que vous allez jouer une stratégie sécurisée pour tenter un « big play », ou a contrario, avancer prudemment, yard par yard. Le trashtalk est même autorisé ! À vous de voir !

 

 

A quoi ça ressemble ?

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Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Le Foot US pour les noobs

Avant de commencer, faisons un petit résumé des règles du foot US. Il s’agit d’un sport de « gagne-terrain », un peu comme le rugby, mais en bien plus découpé. En effet, lorsqu’une équipe a la possession du ballon, elle aura 4 tentatives pour parcourir 10 yards (~9,1m) et obtenir un first down. Si, à la fin de ces 4 tentatives, elle n’a pas réussi à avancer suffisamment, alors il y a un turnover, la possession change et c’est l’équipe défensive qui passe à l’offensive et vice-versa.

Le but final d’une équipe en phase offensive est soit d’amener le ballon dans l’en-but adversaire afin de marquer un touchdown (TD). Pas besoin de l’aplatir, il faut juste que le ballon soit contrôlé par un joueur dans le terrain. Chaque TD rapporte 6 points à l’équipe, et donne le droit à une tentative de conversion. Cette tentative peut être soit au pied (comme une transformation au rugby), et rapporte 1 point; soit à la main (comme un 2nd TD), et rapporte 2 points. Une autre façon de marquer des points est le kick, l’équivalent d’une pénalité au rugby, ce qui rapporte 3 points. Pour finir, la dernière manière de marquer est de faire un safety, à savoir plaquer un joueur en phase offensive dans sa propre zone d’en-but, ce qui rapporte 2 points.

Une équipe est généralement composée de plusieurs équipes en fait. Une équipe offensive, une équipe défensive, et une équipe spéciale (pour les kicks). Le Foot US est un sport de spécialistes, dans le sens où un joueur a un poste et une attribution, et il ne doit faire que ça. Certains joueurs de la ligne offensive (les mastodontes qui se rentrent dedans au début) ne toucheront peut-être même jamais le ballon du match, voire de leur carrière !

Parmi les postes, on retrouve les wide-receivers (receveurs), les tight-end (homme à tout faire, capable de tout faire pas trop mal sans exceller dans un domaine), les running-back (coureurs rapides), les linebackers (défenseurs rapides et puissants devant couper les courses), et la méga-star, les quarterbacks. Ces derniers sont le véritable cerveau de l’équipe, le relai du coach sur le terrain, et les véritables stars. Ce sont eux qui mettent en exécution la tactique, devant faire attention aux joueurs adverses pour pouvoir lancer une passe précise à un joueur situé à plusieurs dizaines de mètres d’eux, et surtout ils doivent éviter d’être plaqué, sous peine de sack (ce qui entraîne une perte de 5 yards pour la prochaine tentative).

Bon, et si on regardait maintenant ce qu’il en est ?

 

Time to play the game !

Une partie de Fliip Football se divise donc en possession. Chaque joueur va donc avoir le droit au même nombre de possessions, à savoir 4 pour une partie rapide, et 8 pour une vraie partie.

Les joueurs prennent une équipe, rouge ou bleue (qui sont exactement les mêmes), et récupèrent les 12 cartes offensives et les 12 cartes défensives. Les cartes offensives sont divisées en 3 piles : « Power », « Base » et « Spread ». Ce sont les 3 types de stratégie. À ces 3 types répondent les stratégies défensives « Run-Stop », « Base » et « Pass-Stop ». Vous l’aurez compris, les stratégies Power sont plutôt des courses pendant que les stratégies Spread sont des passes (plus ou moins longues). On choisit quel joueur démarre en attaque, on met en place le terrain, soit le superbe playmat (compris dans le jeu !) et le marqueur d’avancée, et c’est parti !

Comme lors d’un vrai match, le joueur qui attaque va donc avoir 4 tentatives pour avancer de 10 yards. La tentative se découpe alors en 3 phases. Tout d’abord, le joueur attaquant choisit un type de stratégie, puis choisit une des 4 cartes et la pose, face cachée, sur la ligne de mêlée (au yard 0 de la tentative quoi). Puis le joueur défenseur fait de même. Évidemment, ayant l’information du type de stratégie adverse, il sera un peu avantagé dans son choix. En effet, si l’attaquant choisit « Power », on suppose qu’il va tenter une course, alors une carte « Run-Stop » sera plus à même de le ralentir voire de le stopper. Pour finir, une fois que les deux cartes se font face sur le terrain, on les retourne (fliip!) et on voit ce qu’il se passe.

Et c’est là l’originalité de ce jeu. Je ne vous ai pas encore parlé des cartes. Celles-ci se présentent comme une stratégie posée sur un tableau noir, et avec des flèches représentant le chemin du ballon.

Les cartes défensives vont donc décrire les différentes possibilités selon le trajet choisi par l’attaquant, avec les résultats suivants.

  • INT : Interception. Dans ce cas-là, turnover immédiat, la défense récupère le ballon et met fin à l’attaque !
  • TD : Touchdown. Pas besoin de vous faire un dessin.
  • INC : Incomplete. La passe n’est ni réussie, ni interceptée, et il n’y a donc aucun gain de yards.
  • SACK : Le QB est tacklé, et donc l’attaque recule de plusieurs yards.
  • TFL : Tackle-For-Loss. Le coureur est taclé, et l’attaque recule de plusieurs yards.
  • FUM : Fumble. Le coureur est taclé et laisse tomber le ballon qui est récupéré par la défense. Turnover !
  • Valeur numérique : nombre de yards gagnés.

 

Et du coup, lorsque l’on met face-à-face les deux cartes, on voit d’un simple coup d’œil quel est le résultat de la tentative.

Dans ce cas-là, l’attaque (en haut) tente une passe (car ligne pointillée), et vu la stratégie choisie par la défense, elle va avancer de 18 yards, et obtenir son first down.

Évidemment, il y a également une gestion des kicks, qui est légèrement différente. En effet, les kicks, qu’ils soient pour marquer des points pour un kick-off, sont résolus à l’aide de dés selon une table. Le joueur qui kick lance 3 dés, et applique le résultat de la table selon la distance et le type de kick (un kick lointain a peu de chance d’aboutir à 3 points).

 

Une fois le résultat connu, on le résout, on déplace le marqueur d’avancée selon ce même résultat, et on recommence jusqu’à obtenir un touchdown ou un turnover. Une fois que les joueurs ont effectué toutes leurs possessions, s’il y a encore une égalité, alors on applique la mort subite : une possession chacun, jusqu’à ce qu’un vainqueur soit désigné.

Alors, prêts à remporter le Superbowl ?

 

Mon avis

Fliip Football retranscrit parfaitement l’aspect stratégique du football américain, une véritable guerre des nerfs entre 2 coachs cherchant à déborder l’autre. Avec un système de jeu élégant et très facilement lisible, le jeu fait mouche, même pour des personnes ne comprenant pas toutes les subtilités de ce sport. Il faudra néanmoins connaître les règles principales (l’avancée de 10 yards, les 4 tentatives, les sacks/fumble etc…) pour se régaler pleinement.

Néanmoins, au bout de quelques parties, on se sentira peut-être un peu frustré de ne pas avoir plus de possibilités concernant les cartes (seulement 12 offensives et 12 défensives). De ce fait, 2 boîtes de jeux existent déjà. La première boîte Red/Blue reste plutôt classique, alors qu’une 2nde boîte Orange/Grey propose des équipes plus spécialisées. Une 3e boîte Yellow/Black est attendue pour 2018. En espérant que le jeu deviendra plus facilement disponible en Europe, car pour le moment, à part Philibert (qui est en rupture), aucune boutique ne propose l’achat du jeu (le mien a été importé).

Je tiens aussi à tirer un gros coup de chapeau à l’auteur, David Miller, qui s’auto-édite, et surtout propose une qualité de composant incroyable pour un prix très bas. J’ai été agréablement surpris de la qualité des cartes toilées, et surtout par le fait que le terrain était un véritable playmat de très bonne qualité.

 

N’oubliez pas que vous pouvez me suivre sur Facebook et Twitter 😉

 

Quelques infos

  • Auteur : David Miller
  • Éditeur : Auto-édité
  • 2 joueurs
  • 30 à 60 min
  • Prix : 30€
  • Ça vous donne envie de l’acheter ? Cliquez ici !

À propos de

Boardgamer, amoureux des jeux de cartes, sleeveur invétéré et améritrasheur à ses heures perdues, je suis très pour l'éclectisme dans le monde du jeu.

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