Test – Scott Pilgrim’s Precious Little Card Game

Ohayo !

En ce moment, je suis un peu dans ma période deckbuilding : Shadowrun Crossfire, Baseball Highlights 2045, Horreur à Arkham JCE… En même temps, avant de plonger dans le jeu de société, j’étais un gros joueur de Magic. Attention, j’ai dit gros joueur, pas grand hein, faut pas pousser. Donc le deckbuilding a toujours été quelque chose de très intéressant pour moi, construire sa stratégie, tenter des trucs parfois improbables… Bref c’est mon kiff. Et ça l’est encore plus quand le thème m’intéresse, alors quand j’ai vu qu’un jeu sortait sur ce thème, le mot INSTABUY s’est écrit en lettres d’or devant mes yeux. Je parle donc de…

 

Qu’est-ce que c’est ?

Scott Pilgrim est une série de comics écrite et dessinée par Bryan Lee O’Malley. On y suit les aventures de Scott Pilgrim, un jeune adulte vivant comme un ado, un peu looser, sans emploi et qui joue de la basse. Son quotidien bascule le jour où il rencontre (et tombe amoureux) de Ramona Flowers, une américaine. Pour parvenir à sortir avec elle, il va devoir affronter les 7 exs maléfiques de Ramona. Voilà le pitch complètement barré. De plus, le comic est BARDÉ de références geeks, comme par exemple la barre de pisse qui descends lorsqu’il va aux toilettes, ou les power-up acquis après les combats.

Le style dessin est très original, rappelle un peu les mangas, et ça a son importance car la totalité des cartes du jeu ont des illustrations tirées des comics. Et perso, je trouve que c’est parfait !

L’histoire a aussi été adaptée au cinéma dans le film Scott Pilgrim vs The World d’Edgar Wright (trilogie Cornetto, Baby Driver), avec Michael Cera dans le rôle de Scott et Mary Elizabeth Winstead (<3) qui joue Ramona. Dans les rôles secondaires, on retrouve Anna Kendrick (la sœur de Scott), Chris « Captain America » Evans (Lucas Lee, un ex), Kieran Culkin, frère de Maccauley, dans le rôle du coloc aigri mais génial et Jason Schwartzman (le boss de fin).

 

A quoi ça ressemble ?

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Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Personnages

Dans ce jeu, on incarne un des personnages de l’univers. On a donc le choix entre Stephen Stills, le leader du groupe de Scott; Wallace Wells le coloc; Kim Pine la batteuse; Knives Chau l’ex de Scott; et bien évidemment les deux héros Ramona Flowers et Scott Pilgrim.

Chaque personnage possède son propre deck de départ, et se joue bien évidemment de façon différente, rapport à leur personnalité. Par exemple, Scott, qui est un looser fini et est sans-emploi, utilise les ressources Romance et Music, mais peut difficilement utiliser la ressource Work, et peut également utiliser les cartes Drama pour renforcer certaines cartes étant donné qu’il lui arrive toujours plein de problèmes. A contrario, Ramona elle est bien meilleure quand elle n’a pas de Drama dans son deck, et n’a pas de cartes Music vu qu’elle n’a aucun talent pour ça. Pour finir, chaque personnage a ses propres combos, faisant écho à leur style de combat.

 

Cartes… double-faces !

Il y a 4 types de cartes : des cartes Story, des cartes Power up!, des cartes Challenge et des cartes Combat. L’originalité de Scott Pilgrim PLCG vient du fait que malgré qu’il y ait 4 types de cartes, celles-ci sont recto-verso ! Ainsi, les cartes Story et les cartes Combat sont ensembles, et forment les cartes Action, et les cartes Challenge et Power up! forment les cartes Plot.

Pour être honnête, au début, c’est très perturbant, notamment pour la mise en place où l’on sait pas trop dans quel sens il faut mettre les cartes, avant de comprendre qu’en fait, on s’en fiche. Dans notre deck de personnage, on n’aura que des cartes Action, et dans la Plotline, on aura de tout, fin de l’histoire.

Détaillons un peu ces cartes en commençant par les cartes Action. Comme dit précédemment, elles sont composées d’une face Story (verte) et d’une face Combat (rouge). La face Story sera à jouer lors de la première phase du tour afin de récupérer des ressources et déclencher des effets (retourner une carte de la Plotline, éliminer une carte, piocher, etc…). Sur cette face, on a le coût d’achat en ressources en haut à droite. Ces ressources peuvent être de la Romance, de la Music, du Work, ou bien peu importe (mais cela doit toujours être payé avec des ressources du même type). En haut à gauche, on a le nombre de ressources que la carte octroie lorsqu’elle est jouée. Et pour finir, en bas à gauche, on a une indication sur ce qu’on trouvera sur la face Combat (le « bouton »). Sur cette face Combat justement, on retrouve le coût d’achat (qui est le même que sur le recto), le « bouton » qui servira pour réussir des combos, et une indication sur le nombre de ressources qu’octroie cette carte sur la face Story. Ces cartes-là, lorsqu’elles sont achetées, iront dans le deck du joueur.

Ensuite, les cartes Plot. Sur sa face Power up! (bleue), on retrouve le coût d’achat, et une indication sur la face Challenge, qui est la face ennemie du jeu. On connait donc la force de l’ennemi. Parfois, certaines de ces cartes ont une icône étoilée, ce qui correspond aux Victory Points. Sur le verso, la face Challenge (orange), on a les ennemis que l’on pourra affronter. Ils présentent une force (nombre de dégâts à infliger en un seul combat pour les vaincre), et plusieurs effets : Fight (à appliquer lorsqu’on tente de les vaincre), Reward (si on réussit à le vaincre) et Failure (sur un échec donc). Aucune indication sur le recto par contre.

 

Mise en place

Pour mettre en place le jeu, chaque joueur va commencer par choisir un des 6 persos proposés et prendre le deck associé. Ce deck de départ de 10 cartes est bien sûr plutôt faible, et contient également 3 cartes Drama, qui sont des cartes mortes dans votre main, mais qui peuvent déranger vos adversaires lors de leurs combats, mais aussi peuvent booster certaines de vos cartes selon votre personnage (Scott & Knives).

On choisit ensuite l’ex maléfique à affronter pour cette partie. C’est lui qui décidera de certaines règles (2 Demon Hipster Chicks qui protègent Matthew Patel, +1 aux Robots pour les jumeaux Katayanagi, etc…) mais aussi de la longueur de la partie car le nombre de Victory Points varie selon l’ex choisi.

Pour finir, on mélange ensemble toutes les cartes Action et Plot et on coupe le deck pour créer deux Main Decks, puis on créé la fameuse Plotline, la rivière classique des jeux de deckbuilding. On ne peut pas regarder le verso de ces cartes, d’où les indications sur certaines faces, mais il sera possible de les retourner en jouant des cartes Story ou Combat.

Tous les joueurs sauf le premier piochent 5 cartes (4 pour le premier), et on peut commencer !

 

Tour de jeu

Le tour de jeu d’un joueur se déroule en 4 phases, dont 2 sont optionnelles.

 

Élimination (optionnelle)

Au début de son tour, le joueur peut décider de retirer de la partie la carte du dessus d’un des Main decks, ou même des deux. Cela permet d’enlever des Challenges trop forts, ou bien de virer une carte qui ne nous intéresse pas, voire même d’éviter qu’une carte trop intéressante pour l’adversaire lui soit disponible.

 

Acquisition

Il est maintenant temps d’améliorer son deck ! Le joueur peut alors jouer les cartes qu’il a en main sur leur face Story. Ce faisant, il va acquérir des ressources, et potentiellement déclencher des effets selon les cartes (piocher, ressources supplémentaires, etc). Certaines de ces cartes donnent plusieurs types de ressources, et dans ce cas-là, il faudra choisir quel type est généré. Il peut également, si la carte Story le permet, « matcher » une carte Drama à la carte Story pour améliorer son effet (il pose juste la carte Drama sous la carte Story).

En utilisant ces ressources, il peut donc maintenant acheter les cartes disponibles dans la Plotline. Il dépense alors ces ressources, et récupère la carte. Si c’est une carte Story/Combat, alors il la place dans sa défausse, et si c’est un Power up!, il va directement en jeu dans la zone adéquate. Attention, certaines cartes ne demandent pas de type spécifique de ressources (et ont donc le symbole « Any ressources »). Ces cartes ne peuvent être achetées en faisant une combinaison de différentes ressources, il faut payer le coût global en utilisant la même ressource.

Le joueur peut acheter autant de cartes que désiré. Il n’est cependant pas obligé de l’ajouter à son deck et peut décider de l’éliminer et de la retirer de la partie. Cela peut sembler inutile, mais cela permet d’utiliser des ressources inutiles pour gêner ses adversaires en leur piquant une carte.

À la fin de cette phase, que le joueur ait joué ou non ses cartes, il défausse la totalité de sa main avant de passer à la phase de Combat.

 

Combat (optionnelle)

Le joueur décide s’il veut affronter un (et un seul) Challenge/ex maléfique ou non. S’il ne veut pas, alors il passe directement à la phase de Résolution, mais sinon, time to play the game !

Il pioche une nouvelle main de 5 cartes, et il utilisera le côté Combat cette fois. S’il n’a rien acheté lors de la phase précédente, il a droit à une carte supplémentaire. Puis on détermine la Damage Value, c’est-à-dire la force du Challenge. On prend donc la valeur imprimée en haut à droite de la carte qui est la valeur de départ, mais la plupart des cartes ont des effets de Fight écrits dans leur box, notamment un « VS Draw » et une Drama Value. Le joueur à la gauche du joueur actif va piocher autant de cartes que spécifié après le VS Draw, et si parmi ces cartes-là se trouve une ou plusieurs cartes Drama, alors la Damage Value est augmentée d’autant que précisée par la Drama Value. Il faut aussi faire attention à l’Ex maléfique qui peut donner des bonus, comme les jumeaux Katayanagi. On obtient finalement le nombre de dégâts à infliger au Challenge pour le vaincre.

L’objectif est donc maintenant de coller assez de pains au Challenge en utilisant les cartes Combat. Chaque carte Combat vaut pour un dégât, mais si l’on arrive à enchaîner les cartes pour réaliser une combo décrite sur la carte de personnage, alors cela fera encore plus mal ! Par exemple, dans l’exemple ci-dessous, les 3 premières cartes ←↑A activent la combo « Electric Thunder », qui colle 5 dégâts au lieu des 3 si les cartes n’avaient pas été jouées dans le bon ordre. Pareil pour les 3 suivantes ←↑B qui sont la combo « Flying Burrito » et mettent 6 dégâts. Il est en plus possible d’activer des « Chain Effect » en matchant des Drama ou jouant certains mouvement avantafin d’avoir des blessures supplémentaires, ou bien piocher des cartes, etc… Bref, comme dans un jeu vidéo ! Les Power up! peuvent également donner des bonus lors des combats, ne les oubliez pas !

On détermine alors si le Challenge est vaincu ou non. Dans notre cas, il avait une Damage Value de 5, donc avec 11 dégâts, il est littéralement éclaté ! On peut maintenant passer à la phase de Résolution.

Deux combos pour 11 dégâts, dans tes dents !

 

Résolution

Une fois que la phase Combat est terminée (ou a été sautée), on défausse toutes les cartes qu’il nous reste en main, et on se refait une nouvelle main de 5 cartes (plus ou moins les bonus/malus). Dans le cas où la phase Combat a été évitée, alors on pioche une carte supplémentaire afin de pouvoir avoir plus de ressources lors du prochain tour. Par contre, dans le cas où l’on a bien tenté de vaincre un Challenge, alors on applique l’effet Reward ou Failure. Les Rewards peuvent nous faire garder la carte vaincue pour gagner des Victory Points, la retourner pour gagner un Power up!, ou bien améliorer notre main au prochain tour. Quant aux Failures, elles peuvent réduire notre main pour le prochain tour, et bien d’autres joyeusetés que je vous encourage à découvrir.

 

On enchaîne les tours jusqu’à ce qu’un joueur atteigne le nombre de Victory Points spécifiés par l’ex maléfique, et il remporte la partie !

 

 

Mon avis

Scott Pilgrim’s Precious Little Card Game est un jeu de deckbuilding plutôt classique : on collecte des ressources, on achète des cartes pour améliorer son deck et on cherche à vaincre des ennemis. Cependant, il présente quelques bonnes idées, comme les cartes double-faces (même si c’est un peu déroutant au début), et le style de combat qui rappelle les combos des jeux de combat. Après, à part piquer des cartes aux autres dans la plotline, et jouer avec les cartes Drama lors des combats, l’interaction entre joueurs est plutôt faible, donc si c’est ce que vous cherchez, vous ne trouverez pas votre bonheur ici. Perso, ça me dérange pas, j’aime bien qu’on me laisse un peu tranquille entre deux parties de Seeders – Exodus :D.

Concernant le matériel, il est donc de bonne qualité sans être transcendant. La boîte aurait pu être deux fois plus petite. À noter que la première édition du jeu présente quelques missprints. Rien de bien grave, et Renegade est déjà sur le coup, mais c’est quand même gênant. Étant donné que le jeu n’est disponible qu’en importe, j’espère recevoir quand même les cartes corrigées par la suite.

De plus, le thème est extrêmement bien rendu, on écrit véritablement l’histoire de notre personnage en achetant et jouant les cartes, ce qui, pour tout fan du comic/film, est juste un fou rire permanent. En tant que fan, forcément, je ne peux qu’adorer ce jeu. Cependant, si l’on n’est pas spécialement attiré par le thème, je pense que l’on n’y verra qu’un énième jeu de deckbuilding ressemblant à beaucoup d’autres à deux ou trois détails près, et l’on préfèrera

sortir les classiques Dominion / Star Realms ou autre.

Pour finir, le jeu n’est disponible qu’en anglais (et je suis plutôt pessimiste sur l’arrivée d’une VF, pour des problèmes de droits de licence), mais l’anglais reste très basique donc même avec des anglophobes, ça peut passer (même s’ils passeront à côté des jokes et de l’univers).

 

 

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Quelques infos


À propos de

Boardgamer, amoureux des jeux de cartes, sleeveur invétéré et améritrasheur à ses heures perdues, je suis très pour l'éclectisme dans le monde du jeu.

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